Le CERN a été choisi comme institution d’accueil pour la nouvelle phase du projet Open Research Europe (ORE), financé par la Commission européenne et un nouveau groupement constitué d’organismes de financement et instituts de recherche nationaux en Europe. Il s’agit là d’une étape importante pour la science ouverte. La plateforme, suivant les orientations du document « Action Plan for Diamond Open Access » (2022)[1], propose, en remplacement du mode de publication traditionnel, une nouvelle option, s’appuyant sur la communauté scientifique. Une fois la nouvelle plateforme ORE opérationnelle, plus tard dans l’année, tous les chercheurs affiliés à des institut de pays participant au groupement auront la possibilité de se faire publier dans le cadre de ce système. La publication restera complètement gratuite pour les chercheurs bénéficiant de financements de la Commission européenne et pour les auteurs des pays participants. Le but de l’initiative est de promouvoir l’équité, la diversité et la transparence dans la communication scientifique tout en maintenant des niveaux élevés de qualité et d’intégrité.
Le groupement finançant la plateforme ORE comprend actuellement des instituts d’Allemagne, d’Autriche, d’Espagne, de France, d’Italie, de Norvège, des Pays-Bas, du Portugal, de Slovénie, de Suède et de Suisse[2]. La Commission européenne participe en tant qu’observateur permanent auprès de l’organe directeur et apporte un financement spécifique au projet. Le CERN fournira l’infrastructure technique et opérationnelle pour la plateforme, s’appuyant sur le logiciel open source Open Journal Systems (OJS), alors que la gouvernance et les aspects éditoriaux resteront de la responsabilité du groupement ORE.
ORE applique un modèle innovant, à savoir publication–évaluation–conservation, qui promeut la rigueur et la transparence des publications scientifiques. Les articles font d’abord l’objet de vérifications du point de vue de l’intégrité et de la conformité aux règles, puis d’une publication et d’une évaluation par les pairs réalisées de façon ouverte. Les rapports issus de l’évaluation par les pairs sont rendus publics ; les articles qui réussissent à franchir cette étape sont alors conservés dans des collections thématiques. Cette approche combine assurance qualité et ouverture, tout en permettant également un examen post-publication.
Lancé en 2021 par la Commission européenne pour que les bénéficiaires des programmes de recherche de l’Union européenne puissent disposer d’une plateforme de publication en libre accès gratuite[3], ORE a été conçue pour rendre la recherche à financement public plus transparente, plus accessible et plus durable, grâce à un modèle de publication innovant. Dans les cinq années écoulées depuis son lancement, la plateforme a connu une croissance régulière et une popularité grandissante dans la communauté scientifique, avec la publication de plus de 1 200 articles et la participation de plus de 6 300 auteurs issus de plus de 3 000 institutions dans le monde.
Le rôle du CERN dans le fonctionnement de la plateforme ORE s’inscrit dans une pratique existant de longue date en matière de développement et de mise à disposition d’infrastructures de science ouverte et de services organisés par la communauté scientifique pour la communauté scientifique mondiale. Avec l’accueil de la plateforme ORE, le CERN créera un environnement neutre, fiable et durable, en s’appuyant sur l’expérience acquise à l’occasion d’autres grandes initiatives de science ouverte telles que Zenodo, Invenio et SCOAP3.
« Pour le CERN, l’hébergement de la plateforme Open Research Europe est le prolongement naturel de notre engagement en faveur d’une infrastructure scientifique ouverte s’appuyant sur la communauté, souligne Mar Capeáns, directrice de l’opération des sites au CERN. La plateforme permet une diffusion rapide des résultats de la recherche, tout en renforçant la capacité de l’Europe à modeler l’avenir de la communication scientifique. »
« Open Research Europe est un marqueur fort d’un engagement commun en faveur de la libre circulation du savoir dans l’Espace européen de la recherche et au-delà, explique Marc Lemaître, directeur général de la recherche et de l’innovation (DG RTD) à la Commission européenne. En permettant le libre accès à une recherche de grande qualité, ORE facilite la circulation des résultats scientifiques les plus récents et augmente la confiance de la population envers la science. Aujourd’hui, alors que les organismes de financement et de recherche européens s’unissent pour soutenir ORE, nous ouvrons une nouvelle ère, avec le renforcement de la publication scientifique en libre accès et l’amélioration des pratiques en matière de recherche scientifique dans toute l’Europe. »
Au-delà de l’infrastructure technique, l’initiative devrait renforcer la collaboration entre le CERN, la Commission européenne, les acteurs nationaux et les organisations de recherche. En partenariat avec l’infrastructure de recherche OPERAS, des activités de promotion et de communication seront développées dans toute l’Europe pour inciter les auteurs éligibles à publier sur la plateforme. ORE devrait proposer un nombre croissant de résultats de recherche chaque année, rendant la science à financement public plus accessible et plus transparente, tout en constituant une référence pour des initiatives de publication équitable en Europe et dans d’autres régions du monde.
Pour plus d’informations, voir : https://ore.eu
[1] https://scienceeurope.org/our-resources/action-plan-for-diamond-open-access/
[2] Ministère fédéral de la Recherche, de la Technologie et de l’Espace (BMFTR – Allemagne), Fonds de promotion de la recherche scientifique (FWF – Autriche), Fondation pour la science et la technologie (FECYT – Espagne), Conseil national supérieur de la recherche scientifique (CSIC – Espagne), Organisation européenne pour la Recherche nucléaire (CERN), Agence nationale de la Recherche (ANR – France), Centre national de la recherche scientifique (CNRS – France), ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MUR – Italie), Conseil de la recherche (NWO – Pays-Bas), Conseil de la recherche de Norvège (RCN), Fondation pour la science et la technologie (FCT – Portugal), Agence pour la recherche et l’innovation de Slovénie (ARIS), organismes de financements de Suède (Forte, Formas et Conseil de la recherche), Fonds national suisse (FNS).
[3] Plateforme actuelle (opérationnelle jusqu’à l’automne 2026) : https://open-research-europe.ec.europa.eu